Ma pierre parle

Dire que ce livre n'est qu'un simple récit salvateur d'une
femme en souffrance, c'est oublier l'essentiel. Les mots sont
pauvres pour expliquer la leçon qu'il enseigne sur l'Homme,
le pardon, l'humilité, la noblesse du coeur et la grandeur de
l'âme. Les mots sont pauvres car ils ne peuvent expliquer cet
état de vide qui s'empare de chacun de nous quand la mort
touche un être cher, une Nation.
Le Rwanda a souffert, les Rwandais surtout, les hommes
et les femmes, les enfants, les vieux et les jeunes. Plus que
n'importe qui, chacun de ceux et celles qui restent, porte
aujourd'hui la souffrance de plus de 800 000 hommes et
femmes qui ont souffert ce mois d'avril 1994.
Lire "Ma Pierre parle", c'est plus que prendre en compte
la disparition d'une femme, d'un homme, d'un peuple, d'un
symbole. C'est accepter avec modestie, notre responsabilité,
c'est accoucher d'une idée, d'idées. Un accouchement
difficile, dans la douleur ! Surmontant son éthique Ibanga,
l'auteur parvient à coucher sur le papier les mots qui
la rongent pour lui permettre de pardonner. Une leçon
d'humilité et d'amour qu'elle offre à qui veut l'entendre
pour que sa recherche du sens puisse bénéficier à l'humanité.
Mieux qu'une simple autobiographie face à la mort, ce livre
n'est autre que l'expression d'une volonté de faire survivre la
mémoire par l'art et de faire revivre le pardon par l'amour.