L'unité formelle des complétives : esquisse de syntaxe catégorielle

Si on admet que les complétives sont la première manifestation
de la verticalité syntaxique, ne doit-on pas tout aussi bien
convenir que la conjonction est à l'origine des relatifs et des
interrogatifs ? Cette hypothèse, qui s'adapte mieux au postulat
d'une parenté génétique des subordonnées, suppose que la
cliticisation ou la pronominalisation, les processus morphosyntaxiques
en somme, opèrent sur un constituant autre que
l'introducteur et auquel ce dernier ne sert finalement que de
simple support. Des pistes pourraient alors être privilégiées,
dont celle, cruciale, du constituant interrogé ou relativisé.
Que dire justement de l'articulateur et de sa supplétion ? Est-il
uniforme dans les relatives, dans les interrogatives et dans les
complétives ? Quelle explication fournir au lien tantôt lâche,
tantôt dur qui unit la subordonnée à un support ? Autant de
questions qui interpellent le linguiste et qui l'engagent à des
analyses pointues et moins générales de la subordination.