Lincoln

Sur le quai de la gare en brique rouge de la ville de
Washington, capitale des trente-cinq États constituant
les États-Unis d'Amérique, un grand homme maigre
portant un chapeau mou rabattu sur les yeux descend
du train de Baltimore. Il est six heures et demie
du matin. Nous sommes le 23 février 1861. Abraham
Lincoln vient tout juste d'être élu président des
États-Unis. Mais l'Union se disloque : après la Caroline
du Sud, la Géorgie, la Floride, l'Alabama, le Mississipi,
la Louisiane et le Texas, le Maryland est désormais
prêt à faire sécession d'un jour à l'autre, puis ce sera
le tour de la Virginie.
De cette matinée où celui qui est considéré
aujourd'hui comme l'un des plus grands présidents
des États-Unis entre, incognito, dans la capitale,
à son assassinat dans la loge du théâtre Ford
le 15 avril 1865, quatre années vont passer, celles
de la guerre de Sécession.