La paroisse en France : des origines au XVe siècle

La religion chrétienne s'est installée en Gaule en utilisant la
présence séculaire de Rome, si bien que les plus anciennes paroisses
vont se situer dans les villes et le long des routes. Rapidement,
les riches propriétaires construisirent des oratoires privés
sur leurs domaines, en si grand nombre que l'on a pu affirmer que
l'époque carolingienne a vu la conquête des campagnes par le christianisme.
Pendant les deux siècles suivants furent créées les paroisses
d'origine castrale et surtout priorale.
Le clergé paroissial comprit pendant longtemps deux catégories de
prêtres, ceux de bourgs relevant de l'évêque et ceux qui desservaient
les chapelles privées, soumis plutôt aux puissants des domaines.
La réforme grégorienne les émancipa pour les mettre le plus souvent
sous la tutelle des monastères et des collégiales. Au XIII<sup>e</sup> siècle,
ces curés - c'est seulement alors que le mot apparaît - sont disciplinés
et bien contrôlés par l'évêque.
Pour le fidèle, la paroisse est une institution à ce point providentielle
qu'il ne peut guère en échapper. Dans ce cadre territorial bien
défini, le clergé, en effet, intercède pour lui, dispense le baptême,
prie pour les morts et alourdit peu à peu son emprise, notamment
au moment du mariage et de la confession.
On a pu dire que la vie religieuse médiévale s'était cléricalisée à défaut
de se christianiser. Cette affirmation est-elle fondée ? Ne
sommes-nous pas victimes de préjugés nés des conciles de Trente
et de Vatican II curieusement réunis ? Ce christianisme vécu dans la
paroisse médiévale était au contraire remarquablement adapté aux
gens de ce temps et leur a permis de réaliser une authentique communauté
qui, même en partie laïcisée, demeure jusqu'à nous.
C'est à cette découverte passionnante que l'auteur nous convie.