La conspiration des étiquettes ou De la comédie des vins et alcools

De tous temps le picaresque cortège des baptêmes fallacieux, titres et
qualités d'emprunt, imitations et copies, s'est joué des désignations
viti-vinicoles, qu'elles soient géographiques, de fantaisie,
patronymiques, toponymiques, contrôlées, privatives, etc.
Quand paraît l'ère de l'étiquetage et de la grande consommation,
d'ancestrales, ces mascarades épisodiques deviennent ainsi
courantes. S'inscrivent alors sur les vignettes qui ornent nos flacons,
diverses mentions, sigles, illustrations et autres codes secrets n'ayant
pour tout dessein que celui d'égarer le candide... Le complot
s'étendant d'ailleurs au gré de l'internationalisation et de la
démocratisation des boissons : il n'est jusqu'à certains états qui ne
ferraillent ardemment pour défendre la survie de leurs faux
champagnes et bourgognes. S'attaquant à nos fleurons, profitant de
l'individualisme sinon de l'isolement des productions, de la complexité
du droit unissant la réglementation des marques à celle des vins et
alcools, la conspiration devient chaque jour plus florissante et
sournoise.
A l'heure où l'Europe prend en charge l'avenir des productions vinico-alcooliques,
en nous dépossédant chaque jour davantage de notre
souveraineté en matière d'étiquetage, Caroline Lampre nous met en
garde sur les dangers que représentent certaines pratiques et
tolérances, connues des seuls initiés.
Cet ouvrage entend provoquer un débat trop longtemps étouffé par le
sérail. Car le silence et l'inertie des autorités professionnelles comme
l'ignorance du public, ne favorisent guère d'heureuses stratégies et
menacent assurément la crédibilité et le leadership de nos liqueurs.
Il est grand temps d'attirer l'attention des consommateurs, juristes,
producteurs et négociants sur l'urgence d'une commune prise de
conscience.
Parce qu'il est préférable de se servir soi-même ses vérités avant que
d'autres ne songent à nous dicter leurs lois et que la sauvegarde de
notre patrimoine de Vin et Spiritueux réside en cet ultime sursaut, la
réflexion devient ici l'affaire de tous et s'inscrit comme telle dans la
politique de la Cité.
"On conspire à loisir contre la vigne en fleurs..."