La séparation des familles

Ce livre apporte une analyse cohérente de la situation de la
famille dans nos sociétés occidentales, en éclairant le phénomène
central du divorce par une approche de psychologie collective,
mais aussi politique : l'auteur entend ouvrir un nouveau débat
sur le fait que les liens familiaux font les frais d'un individualisme
et d'un libéralisme dont la bourgeoisie serait le vecteur
sociologique principal. Notre société qui a banalisé le divorce, est
loin de l'avoir pensé : il nous demeure énigmatique.
Si la violence a toujours existé au sein des familles, n'est-elle pas
désormais facilitée par une crise de la paternité et par une nouvelle
relation que nous nouons avec nos enfants ? L'État libéral
de son côté n'a-t-il pas mis en place un droit et des procédures
judiciaires qui conduisent à faire éclater les structures de l'intimité,
au lieu de garantir des espaces de reconstruction du dialogue
dans les familles dont les liens sont fragilisés ? Les conditions
actuelles du divorce, si elles relèvent de préjugés, semblent
satisfaire une certaine modernité de l'État et correspondre à une
déspiritualisation de la personne humaine.
Selon l'auteur, il n'y a qu'une enquête serrée qui puisse nous
faire mieux comprendre comment la pensée, les sciences
humaines, les mentalités, la culture occidentale, ont été mises au
service de cette nouvelle domination politique. Il en résulte des
souffrances qui n'offrent pas des conditions favorables au développement
de chaque individu. Au-delà des cas particuliers,
comment ne pas chercher les conditions culturelles de ces phénomènes
de séparation des familles ?