Dictionnaire du cinéma documentaire

Il existe un genre cinématographique capable de transformer
en vedettes hollywoodiennes les membres d'une famille inuit et
d'éveiller la conscience mondiale sur l'usage des armes à feu
ou sur les dangers d'une politique étrangère. Un genre qui permet
de découvrir des civilisations lointaines ou de s'insurger contre les
conditions de travail dans les sociétés contemporaines, d'observer
au plus près la vie des animaux, de témoigner contre les génocides
en recueillant la parole de ceux-là mêmes qui les ont perpétrés.
Un genre poétique, autobiographique, engagé, contemplatif, polémique...
Formidable laboratoire de recherches et de formes, le cinéma
documentaire est aujourd'hui reconnu comme un art à part entière.
En mêlant de plus en plus étroitement la dimension strictement
documentaire à la dimension fictionnelle, il rend poreuse, voire
obsolète, la frontière traditionnelle entre «réalisme» et «imaginaire».
Sa puissance émotive n'en est que plus forte ; et les plus grands
cinéastes s'y sont illustrés, de Clouzot à Wim Wenders,
sans oublier Louis Malle ou Wang Bing.
De A comme Antonioni à Z comme Z32 , en passant par
M comme Chris Marker, F comme Fahrenheit 9/11 , R comme
Jean Rouch ou W comme Frederick Wiseman, à travers plus
de 500 entrées, ce dictionnaire questionne ces films «pas tout à fait
comme les autres» (Chris Marker), et propose une somme
sans équivalent sur le sujet.