Le Dictionnaire de musique de Jean-Jacques Rousseau : une édition critique

Avec la publication de ce Dictionnaire de musique en 1767, Rousseau
aura doté le domaine musical d'un ouvrage somptueux dont l'importance
se compare à celle d' Émile pour l'éducation, du Contrat social
pour les sciences politiques et sociales, de la Nouvelle Héloïse pour la
littérature. On oublie à tort qu'avant de se lancer dans la philosophie
et dans la littérature Rousseau était musicien. Dans ses écrits sur la
musique, plus qu'ailleurs, le «fondateur des sciences de l'homme»
soutient une théorie relativiste et comparatiste des cultures humaines.
La musique lui paraissant d'emblée la sphère idéale pour discuter du
règne des universaux et des particularismes, il est amené à engager
une lutte implacable à l'encontre de la théorie du déterminisme
acoustique selon laquelle l'harmonie tonale serait le signe d'un état
supérieur du progrès humain.
Cette édition moderne du Dictionnaire de musique de Jean-Jacques
Rousseau présente deux caractéristiques. Elle est, en premier lieu, une
édition comparée du Dictionnaire de musique et des articles de
musique que Rousseau avait écrits, en 1749, pour la grande Encyclopédie
de Diderot et d'Alembert. En second lieu, il s'agit d'une édition
critique, une équipe de musicologues s'étant penchée sur ces textes
pour en interpréter les contenus et valider l'apport de Rousseau au
domaine des connaissances musicales.