Leni Riefenstahl : une ambition allemande : biographie

Si les films phares de Leni Riefenstahl, Le Triomphe de la volonté et
Les Dieux du stade , sont deux des plus grands documentaires jamais
réalisés, ce sont aussi d'insidieuses glorifications d'Adolf Hitler, du
III<sup>e</sup> Reich et de l'idéologie nazie. Pourtant, toute sa vie, la cinéaste a
prétendu ne s'intéresser qu'à la beauté et à l'art. Dans cette magistrale
biographie, Steven Bach fait toute la lumière sur le destin de
cette artiste parmi les plus controversées du siècle écoulé.
Après des débuts de danseuse et d'actrice dans le Berlin des années
1920, la jeune Leni Riefenstahl se lance vite dans la réalisation, où elle
manifeste un sens du cadre et du montage époustouflant. Remarquée
et admirée par Hitler, elle accepte la commande d'un documentaire
sur le congrès annuel du parti national-socialiste : ce sera Le Triomphe
de la volonté (1934), film majeur mais aussi produit le plus remarquable
de la propagande nazie, celui, sans doute, qui a le plus contribué
au culte du Führer. Financée par les fonds personnels d'Hitler,
elle tourne ensuite en 1936 Les Dieux du stade , qui retracent les Jeux
olympiques de Berlin, où elle donne la pleine mesure de son esthétique
et de sa maîtrise cinématographique. Compromise avec le régime
et son leader, elle subit après la guerre plusieurs procès de dénazification,
dont elle sort libre. Pourtant, jusqu'à la fin de sa vie, à plus de
cent ans, en 2003, les mêmes accusations ne cesseront de ressurgir...
Aujourd'hui, s'appuyant sur des sources inédites, Steven Bach livre
une enquête historique implacable. Il met au jour les paradoxes, les
dissimulations et les mensonges d'une femme qui se disait apolitique
et niait toute complicité avec le régime criminel dont elle profita et
qu'elle sanctifia, alors même qu'elle refusait de renier l'admiration
qu'elle éprouvait pour Hitler. Au fil des pages se dessine le passionnant
portrait d'une immense cinéaste, dont un historien écrit que les
films évoquaient "le regard désincarné et omniprésent de Dieu",
mais aussi d'une artiste corrompue par une ambition sans mesure.