Daïnava

Les descendants du lituanien Zénon Machwitz ont tous
épousé des françaises sans pour autant oublier Drabczunai. Trois
générations au fabuleux destin : Constantin l'exilé, son fils
Raphaël, père de Charles... Charles, blessé pendant la guerre
1914-1918 fut soigné par une jeune bretonne. Ils s'aimèrent. Le
prince Sapieha, évêque de Cracovie les maria, en Pologne où
Charles organisait l'émigration polonaise vers la France. Ils y
eurent un fils, Jean. Ce fils unique, dépositaire des archives familiales,
mémoire d'une longue lignée lituanienne, vit actuellement
en Bretagne.
Mais c'est l'âme de Martha, fille de Constantin, qui enveloppe
Drabczunai d'une aura romantique. Elle reste à jamais la
gardienne du domaine des Machwitz en dépit de la passion qui
l'unit à Raphaël, son jeune frère resté en France. Elle en sera la
dernière survivante.
Ces personnages passionnés, habités par des rêves généreux
et fous, nous entraînent dans leur sillage d'un bout à l'autre de
l'Europe... Avec au fond de leurs yeux pleins d'étoiles l'image de
cette façade blanche et rose, coiffée du velours gris argent de la
longue toiture où ils vécurent des intermèdes pleins d'humour et
de tendresse entre les séquences tragiques.
La demeure lituanienne qui abrita tant de passions et de
fantasmes s'est effacée comme un mirage et il ne reste plus
aujourd'hui, dans la grande plaine nue, que le cimetière des
Machwitz avec les tombes des héros de ce récit.