Les hivers rigoureux préparent mieux le printemps

«... De mémoire de lycéen, peut-être même de lycée napoléonien,
les lettres avaient toujours servi à distinguer les
différentes classes de sixième. Tout le monde savait ça.
Sixième A, sixième B, sixième AB, avec parfois, le recours
exceptionnel à un indice pour fignoler un A1 ou un B2. Cette
année, pour la première fois, l'afflux des candidats avait
balayé les anciens repères et contraint d'utiliser les grands
moyens pour canaliser la multitude. Sept classes de sixième,
pensez donc ! Qu'est-ce qui sortirait de tout ça ? Parce que
devant l'urgence, forcément, pas le temps de fignoler ! Tant
de gosses à qui on offrait le luxe des études secondaires, la
France paysanne et ouvrière... faudrait adapter ! Est-ce que
les humanités n'allaient pas souffrir de cette générosité
démocratique, le niveau s'appauvrir et les connaissances, à
force de se partager, s'étioler, s'affadir ?...»
Par ce récit, empreint de sensibilité et de poésie, Jacques
Cassabois recrée le passage de l'enfance à l'adolescence, dans
le temple du savoir et de l'ascension sociale qu'était le lycée,
à la fin des années cinquante. C'est simple, juste, vrai, dans
les êtres comme dans les situations.
Les hivers rigoureux préparent mieux le printemps est la
suite de Dans la lumière du jardin , prix du livre Comtois,
publié aux éditions Cêtre.