L'enfance, un trouble à l'ordre public ? : crier, bouger, rêver, dé-ranger... grandir

Quel regard posons-nous sur les enfants du XXI<sup>e</sup> siècle ?
Qu'attendent d'eux les parents d'aujourd'hui, dans nos
sociétés libérales dites avancées, aux politiques infiniment
marchandes ? Qu'ils soient productifs dès leur plus jeune âge ?
Qu'ils soient sages et se coulent dans le moule de l'économie de
marché aux dépens de leur développement ? Le joyeux désordre
infantile viendrait-il donc troubler l'ordre établi ? Si l'enfant doit
être à la hauteur des espérances des adultes qui l'entourent et
de celles de notre société à l'idéologie si déterministe, quel mode
de réponse à son activité signifiante ? Quel accueil réservons-nous
aux bébés ? Comment les aidons-nous à grandir ? Quelle marge
de pensée et de manoeuvre leur consentons-nous ?
Devons-nous lire, décoder, nous les adultes, le comportement
de ces bambins aux réponses adaptatives qui nous surprennent,
avec la loupe grossissante des «DYS» (dyspraxie, dysphasie,
dyslexie, ...) ? La tentation est forte alors de ne percevoir
cet inattendu que comme un trouble, une anormalité à corriger,
à faire disparaître au plus vite, à rééduquer, quand l'éducation
n'a pas eu le temps d'être déployée.