Le jour où j'ai mangé mon flingue : pourquoi policiers et gendarmes se suicident

«Ce dont je me souviens c'est du goût de mon arme dans ma bouche.
On se souvient toujours de ce goût.» Le témoignage de cette jeune flic
est glaçant. «Manger son flingue»... l'expression est apparue dans
la littérature policière américaine ces dernières décennies.
En France, le blues des flics n'est pas nouveau. En 1997, un
article du Monde évoquait déjà les dérives de certains policiers qui
choisissaient le suicide. L'année 2014 a atteint des records avec la
mort volontaire de 55 policiers. Et les gendarmes ne sont pas en
reste : en 2013, vingt-trois d'entre eux se sont suicidés !
En avril 2015, l'important dispositif du plan Vigipirate fait virer
au rouge la situation des policiers français. Dans les Compagnies
républicaines de sécurité, le mécontentement est palpable. Dans
certaines régions les gardiens de la paix s'expriment avec la seule
arme qu'ils ont, puisque leur statut spécial leur interdit le droit de
grève : l'arrêt maladie. Des dizaines de policiers se font porter pâle.
Certains sont au bord du burn-out et de l'irréparable...
Quelles sont les raisons de ce ras-le-bol ? Pourquoi ces hommes
et ces femmes se donnent-ils la mort ? Que fait l'État pour enrailler
le phénomène ? À travers de nombreux témoignages bouleversants,
Alain Hamon répond à ces questions et dresse un constat implacable
de l'état de la police en France.