Le tableau des saints ou Examen de l'esprit, de la conduite, des maximes & du mérite des personnages que le christianisme révère & propose pour modèles

Le tableau des saints ou Examen de l'esprit, de la conduite, des maximes & du mérite des personnages que le christianisme révère & propose pour modèles

Le tableau des saints ou Examen de l'esprit, de la conduite, des maximes & du mérite des personnages que le christianisme révère & propose pour modèles
Éditeur: CODA
2008238 pagesISBN 9782849670521
Format: BrochéLangue : Français

«Leur piété ne consistait qu'à condamner l'impiété des autres, dont ils épiaient la

conduite non pour les ramener mais pour les diffamer. Qu'ils blâmaient ou louaient

les personnes non à cause de leur mauvaise vie mais selon le parti qu'ils avaient

embrassé. Qu'ils admiraient parmi eux ce qu'ils reprenaient avec aigreur dans un

autre parti. Que l'on ne voyait entre eux que disputes semblables aux combats

nocturnes, où l'on ne connaît plus ni amis ni ennemis. Qu'ils chicanaient sur des

bagatelles sous le beau prétexte de défendre la foi.

Chacun croira que sa façon de penser est la seule nécessaire au salut ; en

conséquence, chacun se permettra tout, à lui-même et à ses adhérents, contre ses

ennemis, qu'il travestit sur-le-champ en ennemis de Dieu. Il ne se fera pas scrupule de

nuire, de calomnier, d'user de supercheries et de fraudes pour étayer son parti tant

qu'il sera le plus faible, ainsi que de faire violence à ses adversaires, de les persécuter

à toute outrance, de les exterminer quand il en aura le pouvoir.

Le fanatisme religieux ne formera jamais que des extravagants dévoués à leur parti

mais dangereux pour la société, ou bien des misanthropes perpétuellement aux

prises avec eux-mêmes, sans aucun fruit pour les autres. La dévotion tend

évidemment à détacher l'homme de sa famille, de ses parents, pour l'attacher

uniquement au parti de ceux qu'il a chargés de diriger son âme.

Tout homme sensé ne prêtera jamais l'oreille à ceux qui lui diront que Dieu exige

de lui qu'il soit aveugle, ignorant, insociable, oisif, et qu'il passe sa vie à méditer

inutilement ce qu'il n'entendra jamais. Il croira encore bien moins se rendre agréable

à ce dieu en violant les règles immuables de la justice, de la concorde, de l'humanité.

Il appellera des crimes , et non des vertus, les actions nuisibles au bien-être et au repos

de ses associés.

La morale religieuse ne sera jamais que la morale des prêtres, qui vivent de la

religion. Elle variera toujours suivant leurs intérêts, leurs fantaisies, leur parti. La

morale véritable est invariablement fondée sur les intérêts réels et permanents du

genre humain, qui ne peuvent être sujets au changement. L'homme se doit à lui-même

de se conserver et de rendre son existence agréable. En supposant un dieu

bienfaisant, on ne peut entrer dans ses vues en se tourmentant soi-même comme un

anachorète, en se livrant au supplice et à la mort comme un martyr, qui tous deux

outragent également la bonté divine en croyant qu'elle peut se plaire à voir le

spectacle hideux de l'homme souffrant et misérable.»

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)