Les continents : poésies

Chacun le sait, les continents sont cinq. En un peu plus d'une année, bien calé sur sa banquette corail, Bougel en explore dix-sept. Épuisante mission selon ce pourfendeur des effusions du coeur qui écrit - désormais ? - en rectiligne pour tenter de rassembler tous ces - ses ? - morceaux en un seul bloc. En rectiligne ou plutôt en vertical et d'une manière encore plus stricte que dans Travails , son précédent recueil publié aux Carnets du Dessert de Lune . Cet élagage pointu des adventices étire le poème vers je ne sais quel ciel et c'est tout simplement sublime. Oui, toute cette peine pour dix-sept continents même pas foutus de dériver à la paresseuse mais qui courent se jeter comme des queues de comètes déjà calcinées dans la gueule de la bête humaine.
Rougi à la poudre d'escarbille, l'oeil de Bougel ne cille pas. Il observe « le trou noir absolu/qu'[est] la vie. » (Nella Nobili)