Réminiscences

Un dimanche de juin
Je longeais le fleuve ensauvagé en aval de la ville, Sur les syrtes d'or encailloutées de mosaïques d'îles. Flore avait laissé éclore sa robe chaste, et verte Autour d'un sentier emperlé de soleil, bordé de douces ronces Qui ceignaient ma tête inclinée De roses chaudement ouvertes...
Etais-je ainsi préparé à vivre enfin sous son règne ? Vers l'éther d'azur où j'étais peut-être né, Avec résignation j'observais sa réponse. Quand brusquement, esprit se détachant de l'ombre Des feuillages proches, une grise palombe S'envola des branches profondes d'un grand chêne...
Vois, nous ne sommes pas encore en novembre, à l'anniversaire Du décès de mon tendre et regretté Père. Mais, à l'occasion de cette fête païenne, je lui dépose avec ce poème Des gemmes diaphanes, les plumes-cendres du ramier, les blanches feuilles D'un vieux chêne, et ces pétales soyeux de roses inermes Sur le parvis flamboyant de son nouveau seuil...
Pour qu'enfin se dissolve ce masque que l'acide de mes larmes essuie A jamais ! Puisque je fais de cette formule mienne : je passe, donc je suis