Ecritures de la révolution dans les pays de langue allemande

Comment la révolution s'écrit-elle, traditionnellement et encore
actuellement, dans les pays de langue allemande ? Peut-on parler
d'une spécificité germanique de la «révolution» ? Et la notion de
révolution n'est-elle pas parfois, dans ces pays plus qu'ailleurs peut-être,
mise au service d'un discours qui la combat ou la pervertit ? Quelles
révolutions de l'écriture accompagnent, le cas échéant, ces écritures de la
révolution (ou de la contre-révolution) ? «Écritures» s'entend d'ailleurs ici
dans un sens très large, incluant toutes formes littéraires (prose, théâtre,
poésie...), philosophiques ou journalistiques, mais également le cabaret
satirique, le pamphlet ou le tract, ainsi que les écritures musicale et
picturale.
C'est dans cette perspective scientifique qu'une vingtaine de chercheurs,
germanistes pour la plupart, mais aussi spécialistes de musicologie ou de
psychanalyse, interrogent les productions «révolutionnaires» qui se sont
succédé depuis près de 500 ans : grands écrits réformateurs de Luther,
écrits, musiques et peintures en écho à la Révolution française de 1789,
textes en prose ou en vers préparant ou accompagnant les révolutions
allemandes de 1848 et de 1919, «révolution conservatrice» allemande du
début du 20<sup>e</sup> siècle, enfin écritures critiques et satiriques nées dans l'ex-RDA
et après la chute du mur de Berlin en 1989.