Pantagruéline prognostication

Fin 1532, Rabelais publie sa première version des Pantagrue-lines Pronostications et de l'Almanach pour 1533 en français. Il vient de réviser la réédition de Pantagruel, il a vraisemblablement achevé l'écriture de Gargantua , deux livres construits sur la même structure : naissance, éducation, guerre, explorations.
Partout en Europe les idées des réformateurs diffusées grâce à l'essor de l'imprimerie compromettent la suprématie du pape, les guerres de religions font rage et reflètent les batailles entre les puissants Henri VIII, Charles Quint et François I<sup>er</sup>.
Rabelais écrit sur le fil du rasoir : François I<sup>er</sup> réprime durement l'hérésie et l'Inquisition ne badine pas avec les condamnations au bûcher. Proche des thèses des évangélistes, il prône un retour à la pureté des Ecritures et dénonce les profiteurs de tout poil. Désireux d'influencer François I<sup>er</sup> sur le bon gouvernement d'un roi , il doit sa relative liberté d'expression à des protections puissantes.
À travers le ton satirico-solennel, les énumérations galopantes, les lapalissades, les parodies de prédictions absconses et les joyeusetés de ce court pamphlet, Rabelais lâche la bride à sa fantaisie et il offre une lecture récréative et sérieuse d'un message qui dénonce l'hypocrisie et exhorte à des réformes profondes de la société.
C'est dire la modernité des Pantagruelines Pronostications , à l'aube d'une nouvelle année.