Les Lumières en Roussillon au XVIIIe siècle : hommes, idées, lieux

La position et l'attitude du Roussillon à l'égard des Lumières présente un vif
intérêt pour la province, le royaume de France, la diffusion des idées dans
l'Europe du XVIII<sup>e</sup> siècle. En 1659 il s'était trouvé associé au destin d'un
royaume en train de se doter d'une administration provinciale efficace, de
consolider sa position en Europe alors que le pays catalan venait de manifester
plus fortement que jamais son identité lors de la «Révolution de 1640».
Or le Roussillon, sa capitale Perpignan surtout, font bonne figure aux Lumières :
ses médecins acquièrent une place éminente dans le monde scientifique, le
livre circule, les bibliothèques se garnissent, l'Art royal (la Franc-maçonnerie)
connaît un succès remarquable. À la fin du siècle le «Nouveau Port-Vendres»
construit sous l'impulsion du maréchal de Mailly, une des deux seules fondations
de villes nouvelles effectuées pendant le règne de Louis XVI, d'inspiration
maçonnique, est une véritable vitrine des Lumières... etc.
Cette ouverture s'effectue sans que se manifeste une désaffection à l'égard de
la langue, du droit privé original qui continue à régir les relations sociales.
Éloigné de Paris, en position périphérique par rapport au royaume, le Roussillon
constitue à cet égard un cas exemplaire qu'analysent les contributions de cet
ouvrage en s'efforçant de croiser les sources et les regards : on peut discerner
avec clarté l'interaction entre les transformations économiques et sociales, la
circulation des hommes et des idées, les échanges culturels.