Terra incognita : femmes, savoirs, créations

Y a-t-il un savoir de la femme ? Un savoir qu'elle détiendrait,
qui lui serait propre et qu'elle ne partagerait pas volontiers
avec ses compagnons ? Un savoir en marge des "vrais"
savoirs, scientifiques, philosophiques, métaphysiques qu'elle peut
acquérir mais auxquels elle n'a pas toujours eu accès et dans
lesquels, aujourd'hui encore, elle ne se sent pas forcément à l'aise
au même titre que les hommes. Quels que soient le pays d'origine
ou d'appartenance, la condition sociale, la couleur de la peau, la
religion, la culture, les croyances, les femmes n'ont pas avec les
savoirs consacrés un rapport de franche cordialité, en grande partie
d'ailleurs parce qu'elles sont rarement à l'origine de ces savoirs et
que les modes d'intellection qu'ils imposent sont parfois éloignés
de leur propre intellectualité. On pourrait en dire autant des
imaginaires par lesquels nous sommes façonnés, au sein desquels
nous sommes élevés et que les femmes ressentent de plus en
plus comme des stéréotypes désuets et trompeurs.
Après Femmes, pouvoirs, créations (2005) Gradiva, née de
l'équipe "Traverses" de l'Université de Paris 8, publie les travaux
de son deuxième séminaire de recherche sur les créations au
féminin. Suivant les brisées de l'héroïne pompéienne, elle explore
à présent la relation de la femme et du savoir depuis l'intérieur
des oeuvres de création car elle considère toujours que les oeuvres,
au-delà de leur dimension esthétique, sont de puissantes machines
à penser et à renouveler la pensée.