Prof à Villerupt : journal

Prof a villerupt est le journal tenu par l'auteure
de septembre 2008 à juin 2009. Occasion pour elle
de comparer ses élèves. En 1971 ils réclamaient
«de la culture», des «films intéressants, des documentaires».
Aujourd'hui beaucoup exigent que les profs les
«laissent dormir», et que «le portable soit autorisé».
Il y a trente-huit ans, l'orthographe était sanctionnée.
Aujourd'hui, en plein cours, un élève peut recevoir
de sa copine le SMS suivant : Bin pr mn pere 4h30 -
Ms jlui demandai é jte r'dirai ms j'croi KC sa.
Pi bin ns on svera le soir kan jrentre dla conduite.
Il y a trente huit ans, au premier coup d'oeil, l'auteure
remarquait un élève absent dans la classe. Aujourd'hui,
un élève avec quatorze demi-journées d'absence et sept retards
dans un trimestre est auréolé d'un tableau d'honneur.
Il y a trente-huit ans, les pères de ses élèves travaillaient
à l'usine de Micheville. Aujourd'hui, presque aucun des potaches
ne connaît le mot «prolétaire», n'a entendu chanter
l'Internationale , ne fait la différence entre la Gauche et la Droite,
ne sait qu'il y avait une sidérurgie puissante à Villerupt.
C'est quelquefois avec humour et ironie, souvent avec
accablement, mais toujours sans complaisance,
ni pour ses élèves, ni pour les acteurs et «Grands Penseurs»
du monde de l'éducation, ni pour elle surtout,
que Mireille Poulain-Giorgi relate sa dernière année scolaire.