De l'imposture : Jean-Jacques Rousseau : mensonge littéraire et fiction politique

De l'imposture : Jean-Jacques Rousseau : mensonge littéraire et fiction politique

De l'imposture : Jean-Jacques Rousseau : mensonge littéraire et fiction politique
Éditeur: Galilée
2007131 pagesISBN 9782718607511
Format: BrochéLangue : Français

L'imposture est un abus de pouvoir. C'est mentir pour son propre

avantage, dissimuler la vérité dans le but de tromper. Certes, mais pour

Rousseau, l'imposture, c'est surtout le pouvoir lui-même.

Pour lui, prendre le pouvoir, en user ou en abuser, finalement cela

revient au même. Dès lors qu'il y a du pouvoir, dès lors donc que

quelqu'un se donne les moyens, le droit et l'autorité, de forcer un autre,

de l'obliger, de le contraindre, ou simplement de lui faire croire quelque

chose, il y a de l'imposture. Autant dire qu'en ce sens, tout est imposture

dans le monde des hommes, dans l'histoire, la société, ou la culture.

C'est la thèse bien connue de Rousseau : une thèse tragique, qui

distingue la nature de la culture par l'événement d'une imposture. Ce

n'est ni la science ni la sagesse qui sortirent l'humanité d'un premier

état de nature, mais un complot d'imposteurs, de menteurs et de

voleurs, qui prétendirent fonder la société civile sur un droit légitime

de propriété.

Ce rassemblement ou cette meute organise un complot magistral,

qui met en scène la parodie de l'histoire en s'appuyant, pour assurer ce

maintien frauduleux du pouvoir, sur le double champ du politique et

du littéraire : alors que le politique agit au travers du législateur , qui

justifie l'autorité et rend légitime un droit de l'inégalité parmi les

hommes, le littéraire opère par le lecteur , qui impose les normes du

sens, les critères d'interprétation et les conditions générales de lisibilité,

pour la compréhension du texte, des lois et des devoirs, dans la Cité.

Et s'il n'y a jamais eu de politique sans littérature, ni de littérature

sans politique, cela dépend seulement, et justement, de cette économie

qui partage, entre nature et culture, une commune et première imposture,

par ailleurs immortelle.

Mais comment peut-on s'avancer vers un tel horizon d'imposture ?

Peut-on y résister, y lutter, y engager une écriture, un regard critique,

polémique, ou stratégique ? C'est toute la question d'une résistance

possible qui se pose ici, ou qui s'impose, qui ouvre un nouvel espace de

pensée, de responsabilité aussi, devant le destin d'une culture désormais

confrontée aux limites de sa propre existence.

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