Dieux, prêtez-moi la mer... : pour qu'un peu, je survive

Mon cœur oléronais, mon âme limousine
Cohabitent, calmés, tel un couple d'oiseaux
Qui sautille à travers frondaisons ou roseaux,
En contrôlant, d'instinct, la menace voisine...
Et le duo complice esquiva notre usine
Aux vils salamalecs, aux cupides museaux,
Aux groupes agressifs, à l'Or aux noirs ciseaux
Avec, sur ses talons, la Haine, sa cousine...
Il fallait rien moins qu'un poète, un vrai, pour relier ainsi Oléron au reste du monde. Loin des bricoleurs du dimanche, Henri Demay trempe sa plume dans la mer et la terre, et il la tourne longtemps avant de tracer ses mots lettre à lettre.
Indignations et contemplations, hommes et nature, travail et capital, se partagent les pages de ce recueil dont l'unité tient avant tout au talent. Une rare maîtrise des syllabes, des sens et des sonorités, une capacité peu commune à agencer les pieds et les vers, donnent une forme à la hauteur du fond qui nous est proposé. Ce fond, ces fonds, ce sont aussi bien ceux de la mer que ceux de l'âme humaine, infinis tous les deux.
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