Un bouddhisme social et persécuté : le Phat Giao Hoa Hao

Forme de bouddhisme méconnue en Occident - et
néanmoins troisième religion du Viet Nam - le Phat
Gia Hoa Hao est né sur les rives du Mekong sous
l'impulsion d'un jeune homme, Huynh Phu So, que ses
détracteurs avaient surnommé «le moine fou». En réalité
cet esprit libre, qui avait très tôt quitté l'école, n'avait pas
le goût du clergé, des superstitions, ni des pagodes. Il
s'était fait l'apôtre d'un bouddhisme social et spirituel,
privilégiant la méditation individuelle pratiquée chez soi.
Véritable prophète, il devint bien vite un leader charismatique
qui fut assassiné par le Viet Minh en 1947. Et la
redoutable armée Hoa Hao, à laquelle il avait donné
naissance, poussa la rébellion jusqu'à chasser de la région
les partisans de Ho Chi Minh.
Vingt ans après sa mort, les Hoa Hao, très populaires
dans le delta, remportèrent les élections avec 90 % des
voix et comptèrent députés et sénateurs. Mais, depuis la
prise de pouvoir par les communistes en 1975, ils sont
pourchassés et persécutés. Les disciples de Duc Huynh - ils
sont cinq millions au Viet Nam et plusieurs milliers dans
la diaspora - refusent de se résigner et maintiennent bien
vivante leur foi rebelle. Certains d'entre eux, pour attirer
l'attention sur la répression dont ils sont l'objet, n'hésitent
pas à se mutiler ou à s'immoler.
Ce livre, «véritable témoignage de première main»
comme l'écrit Frédérick Tristan dans sa préface, ne se
contente pas de raconter une histoire, il va à la rencontre
du «valeureux peuple Hoa Hao» et partage, loin des
cérémonies ostentatoires, sa foi dans l'enseignement des
soutras en même temps qu'il le relie, dans l'espace et dans
le temps, à «l'universalité de la Tradition».