Destruction et reconstruction d'ouvrages d'art en France, juin 1940-juin 1948 : ponts et tunnels ferroviaires et routiers

Dès juin 1940, l'avancée des troupes allemandes en France
entraîna, suivant un plan préétabli, le minage puis la destruction
d'un très grand nombre d'ouvrages d'art afin de ralentir, voire
d'arrêter la progression des armées du III<sup>è</sup> Reich.
Il s'agissait essentiellement de ponts ferroviaires, de tunnels et
de ponts routiers, souvent assez anciens, qu'ils soient
construits en béton, en pierres de taille ou en profilés
métalliques pour les ponts les plus récents.
Dans ce schéma, il est clair que les ponts et les tunnels
ferroviaires payèrent souvent le plus lourd tribu à ces
destructions car à l'époque le chemin de fer était encore le
principal moyen de transport que ce soit pour le matériel ou que
ce soit pour la population.
Globalement, cinq régions françaises furent concernées correspondant à la plus grande
probabilité de progression géostratégique de l'envahisseur germain, soit :
Nord et Est de la France.
Région parisienne
Centre Ouest et Est
Savoie-Dauphiné
Extrême Sud-Est.
Pour finir, ces destructions ne purent tout au plus que ralentir la progression des
troupes allemandes et en dix mois de temps, 84 % des diverses voies de
communication furent rétablis, souvent d'une manière provisoire par le Génie mais
aussi avec le concours des entreprises françaises dont beaucoup trouvèrent là une
opportunité de travail rémunéré, surtout en cette période difficile.
Cependant, durant les deux dernières années de la guerre, certains de ces mêmes
ouvrages, voire d'autres, furent à nouveau endommagés ou totalement détruits mais
cette fois par les armées alliées dont américaines et anglaises en particulier ou par la
Résistance.
Il s'agissait ici de désorganiser la logistique militaire allemande mais également de
retarder au mieux le retrait des troupes du Reich, comme en vallée du Rhône.
Puis, durant la période s'étendant de 1945 jusqu'à 1948, à quelques exceptions près, la
grande majorité de ces mêmes ouvrages sera restaurée, soit en respectant l'original,
soit d'une manière différente tenant compte de l'évolution future du trafic et des
possibilités de l'industrie.
Hormis de nombreuses photographies inédites, cet ouvrage très original, s'enrichit de
documents techniques propres aux dispositions militaires de minage des ouvrages
d'art, remontant ainsi jusqu'à la fin du XVIII<sup>è</sup> siècle.