Les villes capitales au Moyen Age : XXXVIe congrès de la SHMES, Istanbul, 1er-6 juin 2005

Les villes capitales au Moyen Age : XXXVIe congrès de la SHMES, Istanbul, 1er-6 juin 2005

Les villes capitales au Moyen Age : XXXVIe congrès de la SHMES, Istanbul, 1er-6 juin 2005
2006450 pagesISBN 9782859445621
Format: BrochéLangue : Français

Ubi papa, ibi Roma : Rome peut bien n'être pas dans Rome puisque Rome est là où

réside le pape. Cet adage du XIII<sup>e</sup> siècle exprime avec force le rapport d'identification

entre la ville et le souverain, définissant la capitale par sa fonction de commandement

politique. Mais elle s'applique à une capitale étrange au Moyen Âge, qui se rêvait caput

mundi mais peinait à s'affirmer comme capitale régionale.

Qu'est-ce donc qu'une ville capitale au Moyen Âge ? Au-delà des fausses évidences

de la continuité millénaire de la centralisation parisienne et, dans une moindre

mesure, londonienne, la question est bien plus complexe qu'il n'y paraît. Certes, le

modèle romain de la capitale d'empire a pu se prolonger sous des formes diverses,

avec Constantinople, Bagdad ou Le Caire. Mais lorsque les Carolingiens rétablissent

l'empire en 800, ils ne retrouvent pas pour autant ce modèle de la capitale d'empire.

Si l'on considère l'ensemble des expériences institutionnelles et territoriales de l'Occident

médiéval, c'est bien la dispersion des fonctions capitales qui constitue la règle et leur

concentration l'exception.

En se tenant à Istanbul, à l'invitation de l'Institut français d'études anatoliennes, le

XXXVI<sup>e</sup> Congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur

public trouvait un cadre monumental et historique parfaitement adéquat à son

objet d'étude, à mi-chemin entre plusieurs expériences politiques que les différentes

contributions ici rassemblées entendent confronter, en longue durée. Car faire l'histoire

des villes capitales revient à poser la question de la diversité des modèles d'émergence

de l'État : les rapports entre le palais et la ville, mais aussi les phénomènes de déplacement

du centre de gravité des constructions territoriales, d'abandon ou de reprise de capitales,

dessinent plusieurs configurations de pouvoir.

Essentielle est, de ce point de vue, la question des marqueurs symboliques : une ville

réussit à convaincre qu'elle capitalise différentes fonctions de commandement par

des images et des rituels, des mots et des murs, la mobilisation d'une mémoire et la

monumentalisation de leurs lieux. Elle peut continuer à jouer longtemps du prestige

d'une capitalité évanouie. En saisissant l'impact à la fois matériel et idéel de la centralisation

administrative dans la société urbaine, les différentes contributions de ce volume

tentent donc de donner tout son sens à cette expression faussement anodine de «ville

capitale» au Moyen Âge.

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