Kleptorama

Et puis comme souvent après un pic saveur piment, le soufflé retombe,
derechef, l'anxiété me plombe. Les kleptomanes sont des êtres qui vivent
sur des montagnes russes : tantôt exaltés par le fruit de leurs maraudes, ils
planent au septième ciel au bonheur des mannes ; tantôt flippés en retour
de leurs fraudes, ils replongent aussi sec dans des affres infernales.
Sibylle V., une journaliste pigiste qui mène en apparence une
heureuse quoique précaire vie de trentenaire urbaine, est en réalité
une kleptomane notoire, complètement asservie au règne de l'objet
et des marques. En plus de chaparder, chouraver, dépouiller, son
côté «control freak» l'amène à tout ranger, régenter, classer, lister,
calculer et la rend insupportable à son entourage. Bourrée de tocs,
elle s'enfonce chaque jour davantage dans son addiction jusqu'au
moment où elle décide d'y remédier. Débute alors un chemin de
croix tragi-comique, où chaque aventure est prétexte à tourner un
regard grinçant sur notre société.
Dans cette fiction au style enlevé - une prose rythmée qui rime tout
au long du récit - l'auteur dépeint une génération née et élevée dans
le tout consumérisme et le tout aseptisé.