L'art figuratif en Islam médiéval et l'énigme de Behzâd de Hérât (1465-1535)

L'art figuratif en Islam médiéval et l'énigme de Behzâd de Hérât (1465-1535)

L'art figuratif en Islam médiéval et l'énigme de Behzâd de Hérât (1465-1535)
Éditeur: Flammarion
2004399 pagesISBN 9782080102058
Langue : Français

Behzâd, enlumineur figuratif né

au XV<sup>e</sup> siècle dans le royaume

centrasiatique de Hérât (actuel

Afghanistan), reste le plus grand nom

de toute l'histoire de la peinture musulmane

d'Orient : maître incontesté de cet

art dit de la «miniature persane» et personnage

mythique qui aurait insufflé

son style à l'illustration de tous ces

manuscrits exquis copiés pour les sultans

d'Istanbul, d'Ispahan et de Delhi.

Reconstituer le catalogue de l'oeuvre

authentique de Behzâd demeure donc

une exigence centrale pour rédiger l'histoire

raisonnée de l'art figuratif d'une

civilisation entière.

Ce livre, visuellement très riche, va plus

loin qu'une pure critique de la forme.

Son étude poussée des peintures de

Behzâd et de ses disciples dégage, pour

la première fois, l'ensemble du langage

allégorique caché dans ces images gemmées

: avec le sens précis de chaque personnage,

geste, fleur, bijou, arme, rocher,

arbre ou animal. En outre, nombre des

calligrammes introduits à dessein par

Behzâd dans ses décors d'architecture,

jamais déchiffrés jusqu'ici, se révèlent

être des textes de Maître Djâmî (1414-1492),

l'autorité religieuse la plus éminente

et la plus respectée du monde islamique

de l'époque. Or, les vers de Djâmî

cités par le peintre signifient l'approbation

totale, par un haut clerc de l'Islam,

de l'art même de l'enluminure figurée.

Les implications de cette connivence

entre un peintre de cour et le plus célèbre

théologien musulman de son temps

sont révolutionnaires, car elles renouvellent

notre compréhension du rôle

paradoxal dévolu aux arts figuratifs,

dans le contexte d'un islam traditionnel

que l'on a cru longtemps sévèrement

hostile aux images.

Ce livre, véritable déchiffrage de hiéroglyphes

visuels, en restitue le propos et

s'inscrit donc de manière délibérée dans la

lignée des travaux d'Émile Mâle sur le

symbolisme de l'art médiéval chrétien.

L'histoire de l'iconographie islamique

accuse un bon siècle de retard sur l'étude

du Moyen Âge byzantin ou occidental.

Or, la peinture de Behzâd, comme celle

de ses grands contemporains russes ou

flamands, reste tout autant chargée de

sens : car la «miniature persane», comme

sa soeur gothique, est bien un art sacré.

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