Revue française des affaires sociales, n° 2-3 (2006). Réformes et régulation des systèmes de santé en Europe

Les dépenses de santé représentent désormais en moyenne 9 % du PIB dans les
pays de l'OCDE. Elles continuent d'augmenter, notamment en raison des progrès
des techniques médicales, du vieillissement de la population, mais aussi de l'accroissement
des exigences des citoyens vis-à-vis du système de santé. Pourtant,
tous les pays occidentaux réforment leur système de santé...
Quels sont les objectifs et les enjeux des réformes adoptées par les pays européens
depuis les années quatre-vingt-dix ? Il se dégage de l'analyse des réformes
présentées dans ce numéro un objectif commun : réguler les systèmes de santé
afin de contenir les dépenses tout en assurant la meilleure qualité de soins et, si
possible, en garantissant une distribution équitable et en encourageant l'innovation.
Les moyens mis en oeuvre par les pays européens pour tenter d'atteindre ces
résultats sont diversifiés. Ils varient en fonction de l'histoire et de l'ancienneté du
système, de sa nature (d'inspiration bismarckienne ou bévéridgienne), ou encore
du rôle attribué au secteur privé et aux autorités publiques, centrales ou locales.
Deux orientations se sont toutefois imposées depuis le début des années quatre-vingt-dix
:
- la décentralisation des décisions et de la gestion dans le système de santé sous
des formes les plus diverses et dont les résultats sont variés en raison des jeux de
pouvoir notamment ;
- l'introduction de mécanismes concurrentiels (entre assureurs, entre prestataires
de soins), concurrence souvent encadrée par les autorités publiques afin de protéger
les assurés.
Les différences entre les systèmes européens, tant en termes de moyens que de
résultats, permettent de s'interroger sur de nouvelles pistes pour améliorer l'accès
à des soins de qualité à un coût supportable pour les individus et pour la société
et pour assurer la viabilité des systèmes de santé.