Tristia : figures d'exil

Qu'advient-il lorsqu'on est condamné à vivre parmi les
barbares après avoir été un poète à la mode et professeur
d'érotisme des femmes romaines ? Sur les bords du Pont-Euxin
où il est envoyé, pour un motif énigmatique, par l'empereur
Auguste (le règne de l'ordre moral bat son plein à Rome), Ovide
écrit des lettres-poèmes, les Tristia. Comme nombre d'exilés
après lui, il fait l'expérience de la perte des mots. Tout en
s'efforçant de sauver le secret de sa relégation aux confins de
l'empire, il renaît à une langue et une passion nouvelles.
En marge de la correspondance parvenue jusqu'à nous, entre
fiction et tradition historique, se fait entendre une voix qui se
mêle à celles de Kafka, Mandelstam, Pavese et d'autres
écrivains exilés de leur terre ou de leur langue.