Malédiction du langage et pluralité linguistique : essai sur la dynamique langues-langage

Bilinguisme à l'école, multilinguisme à l'ordre du jour : les
langues sont au centre de l'attention, en ce début de XXI<sup>e</sup> siècle. On
les introduit à l'école élémentaire, elles pèsent lourdement sur le
budget de la CE. On les apprend parce que nécessaires à la vie
moderne, à la mobilité qui semble caractériser notre monde.
Parallèlement, une langue, l'anglais, langue de compréhension universelle,
s'impose sur le plan international comme pour tenter de
remédier à la malédiction originelle, celle de Babel.
Pourtant, si les langues n'étaient pas un simple instrument, de
survie sur une planète où les frontières, en voie de disparition, nous
dit-on, semblent se cantonner au plan linguistique ? Si, loin de se
borner à un choix culturel, elles relevaient de la «bénédiction» de
Babel ? Si les mythes originels nous avaient induits en erreur et que
la véritable malédiction réside dans le langage unique ? Si l'incommunication
entre les hommes dépendait de facteurs extra-linguistiques
auxquels seul le multilinguisme peut remédier ?
Paradoxe ? Non, un autre regard pour nous défendre un peu
mieux contre la malédiction du langage.