Tontines, caisses de solidarité et banquiers ambulants : univers des pratiques financières informelles en Afrique

Des femmes au foyer de Thilogne et de Pikine Médina Gounasse,
aux travailleurs des banques commerciales dakaroises en passant par
les petits et grands commerçants des marchés et les émigrés sénégalais
vivant en France, la tontine, à l'image du caméléon, change pour
s'adapter aux moyens et aux besoins des participants. La diversité de
la participation rejoint naturellement celles des motivations et des
finalités. Les motivations d'ordre psychologique ou social recoupent
les préoccupations de nature purement économique et financière. Les
désirs d'accumulation côtoient les obligations sociales de la
redistribution. Les besoins de consommations, d'investissement, de
prévoyance et de prestige social s'accordent intimement dans une
même mélodie dialectique. La question demeure de savoir comment la
tontine parvient à combiner tout cela en même temps et être un lieu de
symbiose entre traditions et modernité, réciprocité et marché,
continuité et innovation, etc.