La marine française dans la guerre d'Indochine

La guerre d'Indochine a profondément marqué la marine française
qui y a maintenu en permanence, pendant neuf ans, près de
vingt pour cent de ses effectifs. Du cuirassé jusqu'à la vedette,
tous les types de bâtiments, à l'exception des sous-marins, y ont
participé. L'aéronautique navale embarquée renaissante y a
acquis ses lettres de noblesse. Les corps de débarquement du
Richelieu et des croiseurs y ont renoué avec les traditions des
"demoiselles aux pompons rouges" de Dixmude et des commandos
marines avec celle des "bérets verts" de Ouistreham et de
Valcheren. Dans les deltas, les flottilles amphibies, créées de
toutes pièces avec des moyens de fortune, ont innové dans le
domaine de la guerre fluviale, en inventant des dinassauts. En
mer, la Marine a assuré le blocus des côtes, effectué des coups de
main et des débarquements sur le littoral, des transports, des
appuis de feu. Présents sur tous les théâtres, les avions de l'aéronavale
sont intervenus jusqu'au dernier jour au profit du camp
retranché de Dien Bien Phu. Plus de mille marins sont tombés en
Indochine. Puisse ce livre contribuer à ce que le souvenir de leur
sacrifice ne tombe pas dans l'oubli.