Les fiancées sont froides. Le grand coucher. Les Mamantes

L'intrigue des Fiancées sont froides se déroule dans les années
1820-1830 sur les rivages de la Baltique, où un hussard déserte
pour avoir enfreint les règles de son corps en se fiançant. Il
devient écrivain public. Soutenu par les veuves et mères de 1814,
il lève une phalange de femmes pour exterminer la nouvelle légion
thébaine et mettre fin à la «Terreur rose».
L'année du Grand Coucher est l'année du cinquantenaire de
Verdun, où doit s'accomplir un attentat contre De Gaulle. Pour
les affidés, il s'agit de conclure par un acte allégorique la guerre
franco-française qui, de l'Affaire Dreyfus à la guerre d'Algérie, a
changé nos trois couleurs en tissu cicatriciel. Pour le narrateur, il
s'agit de dégager la part d'héritage ensevelie depuis la mort du
Dieu des nations. Comme l'écrivit alors Maurice Nadeau :
«Tout ce que Dupré nomme le "mélopéra" qui constitue
l'histoire de notre pays depuis un peu plus de cent ans devient
une cathédrale inversée dont la flèche pénètre jusque dans les
assises mouvantes qui constitue notre histoire.»
Fils d'un officier mort pour la France, le héros des Mamantes
Olivier a été initié par son tuteur, diplomate suédois, aux secrets
d'une fraternité ésotérique. Son bonheur et son drame sont
d'avoir eu comme amante Charlotte, son aînée de quinze ans.
Celle-ci morte, Olivier rencontre la jeune Julie à qui il se retient de
céder : qu'elle le rende père et se rompra son pacte avec l'invisible,
c'est-à-dire avec la chance de faire «revenir» Charlotte grâce au
miroir magique. À la rivalité de la morte aimante et de l'aimable
vivante s'ajoute le déchirement entre ces deux filiations : celle de
l'officier qui lui a légué un certain sentiment de l'histoire de
France et d'Épinal et celle du diplomate initié qui lui a fait
percevoir l'ombre des amours après la chair.