Clinique lacanienne (La), n° 24. Les débuts d'une analyse

La psychanalyse est depuis longtemps intégrée à
la culture, et personne n'ignore plus l'existence de
l'inconscient. La vérité d'un lapsus, d'un rêve, d'un
acte manqué n'est généralement mise en doute par personne.
De sorte qu'une analyse commence longtemps avant la
première rencontre. Certains patients y pensent depuis une
lecture faite au lycée. D'autres gardent une adresse de
psychanalyste en poche pendant des années. Car si chacun
s'accorde à reconnaître l'importance de la découverte
freudienne, cela n'a pas empêché les résistances de croître et
d'embellir à notre époque. La psychanalyse, c'est pour les
autres, pour les fous, pour les riches, pour ceux qui ont le
temps. De sorte que les premières rencontres se produisent
parfois dans l'urgence, ou sous la pression de l'entourage,
et, en tout cas, en demandant des aménagements. Ces particularités
témoignent-elles d'un changement de la clinique
ou bien plutôt d'un élargissement de la base sociale de
la psychanalyse ? Incontestablement, les conditions sont
nouvelles : base sociale élargie, résistances renforcées. Ce
numéro de La clinique lacanienne explore comment commencent
les analyses aujourd'hui.