Un homme et des ailes : Albert Roper, pionnier du droit aérien international, 1891-1969

Pilote de chasse abattu sur les bords de
la Marne le 30 mai 1918 dans un état où
«il ne passera pas la nuit», il dut sa
survie à la présence de son képi galonné
posé sur le ventre entre ses mains
inertes.
Le capitaine Roper, paralysé, se rabat sur
le Droit et à 28 ans, ayant recouvré
l'usage de ses jambes, devient Conseiller
aéronautique du Ministère des Affaires
Étrangères, ce qui l'amène «parmi des
ministres, des diplomates, des généraux,
des amiraux» de tous les pays à être
«chargé tout seul de défendre l'avenir de
la France dans un domaine où ses pionniers
l'avaient laissée sur un piédestal,
d'où ses ex-alliés allaient s'efforcer de la
faire descendre».
Membre de la Commission de
l'Aéronautique de la Conférence de la
Paix, il conçoit les douze principes fondamentaux
devant régir la navigation
aérienne internationale, constituant les
fondements de la Convention portant
réglementation de la navigation aérienne
signée à Paris le 13 octobre 1919 et
entrée en vigueur en juillet 1922.
C'est alors qu'à 31 ans, il est élu
Secrétaire Général de la Commission
Internationale de Navigation Aérienne,
poste qu'il assumera pendant les vingt-cinq
années d'existence de cet organisme.
En novembre 1944, les États-Unis, préconisant
un ordre international nouveau
mettant fin à la dualité de régimes résultant
des conventions de Paris (1919) et
de La Havane (1928), organisent la conférence
de Chicago où Albert Roper est
invité à titre «personnel et consultatif»...
Il ressortira de la conférence une convention
fixant le siège de la nouvelle organisation
au Canada avec, pour premier
Secrétaire Général : Albert Roper.
L'O.A.C.I. était née.
La présente biographie retrace le destin
exceptionnel de ce pionnier de l'aviation
hors norme, qui traversera les deux
guerres mondiales et réussira à imposer
son idée maîtresse : réglementer l'aviation
civile internationale.