Parfums de Cévenne ou L'odeur de mes souvenirs

Toutes ces odeurs, tous ces parfums faisaient partie de notre maison, faisaient partie de mon village, de mon enfance.
Et longtemps, très longtemps après, au détour d'un chemin, au hasard d'une promenade, en campagne, dans la rue, ou le long d'un cours d'eau, il m'arrive de les reconnaître, de les retrouver ...
Même si je ne les perçois que fugitivement, l'espace de quelques secondes, ils s'associent aussitôt dans ma mémoire à un souvenir bien précis, à un moment bien déterminé de mon passé.
Alors, je me revois, comme si c'était hier, à dix ans ou presque, courant partout dans le mas, reniflant au passage les pommes du grenier et les bouquets de tisanes qui séchaient aux poutres, me précipitant vers les premières violettes afin d'en faire un bouquet pour ma vieille Marnée ou respirant à pleins poumons l'odeur de la pluie par la fenêtre de la cuisine ...
Alors, à présent, après tant d'années, je sais, et je peux répondre .
- « Pas riches, disais-tu, grand-mère ?
Pas riches, nous ?
Dis-moi, grand-mère, tu vois bien que tu te trompais ! . »