Comprendre Senghor. Vol. 2. Ethiopiques : une thèse poétique de la négritude

Comprendre Senghor. Vol. 2. Ethiopiques : une thèse poétique de la négritude

Comprendre Senghor. Vol. 2. Ethiopiques : une thèse poétique de la négritude
2020481 pagesISBN 9782343196381
Format: BrochéLangue : Français

Comprendre Senghor

« Éthiopiques » est l'apport poétique de Senghor dans sa tentative de redispositionner l'Homme Noir dans le monde, une thèse poétique de la Négritude :

L'Homme et la Bête  : puisqu'on a disqualifié jusqu'à l'humanité du Nègre, Senghor, reprend le thème Homme versus Animal sur lequel étaient revenus les philosophes suite à la bestialité de la Seconde Guerre mondiale. Congo : le poète remonte aux origines par la voix des koras, au prétemps du monde dont la plume du scribe, l'historien ayant disqualifié le Nègre, n'a pas mémoire.

Kaya Magan  : un exemple d'empire nègre, la magnanimité de l'humanisme de son empereur. Messages-Teddungal : deux facettes du royaume d'enfance sur lequel le Kaya Magan moderne, muni de sa récade bicéphale, « gueule du Lion et sourire du sage », va apposer ses lourds présents, « lois noires sur fond blanc », puisque Realpolitik oblige.

L'absente  : en apportant ces présents, « lois noires sur fond blanc », il se sent trahir son terroir : « Mais je ne suis pas votre honneur, pas le lion téméraire, le lion vert qui rugit l'honneur du Sénégal ».

New York  : trahison dans la mesure où le poète-politique soulève un coin du voile et entrevoit un exemple de ce que sera dorénavant le nouveau royaume, un monde sans un rire d'enfant en fleur, sans sein maternel, mais des jambes en nylon et des seins sans sueur ni odeur, rien que des coeurs artificiels payés en monnaie forte.

Chaka  : la rencontre Europe-Afrique et la douloureuse cohabitation : « Je n'ai pas haï les Roses-d'oreilles. Nous les avons reçus comme les messagers des dieux, avec paroles plaisantes et boissons exquises », et eux « débarquent avec des règles, des équerres, des compas, des sextants et le tonnerre sur leur navire ».

Épitre à la Princesse  : le nouveau Kaya dans sa mission, pataugeant dans « les choses futiles nées de sa nomination ». Mort de la Princesse : vision cyclique de la vie ; le domaine de l'âme que l'on dit propre à l'Homme et concluant le problème Homme versus Animal introduit par « L'Homme et la Bête ».

Postface  : est jeté comme un wharf au-dessus des eaux troubles, un droit de réponse, afin d'apporter une explication définitive à l'ensemble des démarches et procédures des écrits qui émanent de sa vision culturelle.

D'autres chants  : prépare, de par le style et les thèmes, les « Nocturnes ». Romantisme et chansons mélodramatiques, choeurs des veillées au coeur des nuits de Sine. Le long des lignes, la fougue et l'engagement combatif ne reviennent que parfois, derniers grains de poussière d'une tempête qui se meurt.

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