Folia graeca in honorem Edouard Will : historica

Ce volume commémore la fondation, il y a trente ans, de ce qui est devenu au fil
des ans le «Centre Édouard Will», une équipe de chercheurs spécialisés dans les
sciences de l'Antiquité appuyée sur un bibliothèque qui s'enrichit et se diversifie.
Dans ce volume, on a cherché avant tout à donner une idée de la variété des supports
matériels portant les textes anciens sur l'étude desquels se fonde la recherche : tablettes
d'argile, papyrus, pierres inscrites, manuscrits médiévaux. Le thème n'est pas à chercher
dans les sujets traités mais dans la diversité des documents et des langues anciennes que le
chercheur doit maîtriser.
La pratique de l'accadien, par exemple, permet de porter sur les Grecs le regard d'un
Babylonien. C'est ainsi que L. Graslin-Thomé s'intéresse à la présence d'Hellènes au
Proche-Orient avant l'époque d'Alexandre et que Ph. Clancier étudie, à travers la
documentation cunéiforme, la campagne de Ptolémée III en Babylonie. Grâce à deux
papyrus, il est possible de se faire une idée de l'enseignement de la rhétorique à Alexandrie
au début de notre ère (D. Gaillard-Goukowsky) et des méthodes de travail d'un historien
anonyme, surpris au milieu de ses notes préliminaires (P. Goukowsky). Les inscriptions
étudiées permettent quant à elles d'entrer dans le fonctionnement de cités grecques, qu'il
s'agisse des garants à Éleusis (Chr. Feyel) ou du cursus honorum dans la province d'Asie
(Fr. Kirbihler). Les manuscrits médiévaux d'historiens grecs posent toujours d'épineux
problèmes d'interprétation. Plusieurs passages des Guerres Civiles d'Appien permettent de
montrer la fragilité des idées reçues, qu'il s'agisse de la guerre en Sicile à l'époque de
Sextus Pompée (M. Étienne-Duplessis) ou d'épisodes historiques majeurs qui eurent pour
cadre la via AEmilia (D. Gaillard-Goukowsky et P. Goukowsky).