Comme des larmes tombées du ciel

Comme des larmes tombées du ciel est un texte qui nous a touchés par sa
grande sincérité mêlée d'une sagesse quasi confucéenne. Son auteur, Richard
Aeschlimann, né en 1944, a vécu entre Yverdon et Lausanne une enfance tout
sauf idyllique, aussi dure matériellement qu'émotionnellement. Il a attendu de
longues années avant de nous en livrer le récit qui, s'il avait été écrit à la sortie
de l'adolescence, aurait été, d'après lui, imbibé de colère, de révolte et même
de haine. Alors que six décennies plus tard, les injustices, humiliations et violences
qu'il subissait lui sont apparues comme des bénédictions offertes par
la vie.
Tout récit d'enfance est un peu romancé, et celui-ci ne fait pas exception ;
originale, cette oeuvre l'est cependant par la faculté qu'a eue l'auteur de dépasser
tout ressentiment et de laisser remonter ses souvenirs, ses aveux les
plus intimes, ses joies aussi, avec un mélange de compassion et d'humour
que seule l'expérience d'une vie peut conférer.
Artiste aussi complet (son dernier ouvrage paru à L'Âge d'Homme, Premier
regard , était une galerie de portraits très étonnants) que discret, Richard
Aeschlimann poursuit inlassablement une oeuvre multiforme, picturale et littéraire,
ainsi que sa mission de passeur en tant que galeriste, à Chexbres
(Galerie Plexus).