Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières : candidat à la Présidence de la République

Ce livre est le cri d'alarme d'un citoyen, lancé au nom de toutes
celles et ceux qui ont été un jour victimes de violences policières,
ou qui pourraient le devenir (car cela peut arriver à n'importe qui),
à propos de quelques questions essentielles sur l'avenir des libertés
dans la République. Il comprend un glossaire intitulé : "De la police,
de ses coutumes, de son répertoire, et des différents moyens offerts
par la société au citoyen pour se protéger des abus de certains
de ses membres dévoyés".
Le 24 juillet 2006 dans le 17<sup>e</sup> arrondissement de Paris, à la suite d'un banal contrôle
routier, ayant contesté un PV sanctionnant une infraction imaginaire, j'ai été violemment
interpellé puis conduit au commissariat, menotté aux poignets et aux chevilles,
après m'être entendu dire par un des 12 policiers présents : "T'as de la chance qu'il
soit pas président !" Cette menace, allusion directe au ministre de l'Intérieur Nicolas
Sarkozy, candidat à l'élection présidentielle de 2007, fait froid dans le dos.
C'est pourquoi j'ai décidé d'écrire à ce ministre qui ne rate pas une occasion,
lorsqu'il est question d'insécurité et de délinquance, de jeter la pierre à la "racaille",
aux "voyous", aux "juges laxistes", mais se soucie bien peu de la dignité des victimes
quand la violence qui leur est faite relève de la responsabilité de policiers en
uniforme, citoyens au-dessus des lois, protégés par les séquelles nauséabondes d'une
raison d'État indigne de notre République.