Olga et le colonel

« À une certaine époque, je devais être adolescente, je la croisais tous les jours dans l'escalier. Elle descendait, je montais. « Bonjour madame Theitel ! Ah, c'est toi ! Bonjour Marie-Claire ! » [...] J'échangeais quelques banalités avec elle. Je ne le faisais pas pour Olga Theitel qui m'était indifférente mais pour déplaire à mes parents. J'avais très tôt perçu, dans leur comportement et leurs paroles, une violente animosité à son égard. Je ne connaissais pas les raisons de leur méchanceté, je ne les comprends pas davantage aujourd'hui, tant Olga Theitel semblait inoffensive.
[...] La personne qui l'aidait à surmonter les écueils du grand âge, c'était Marianne. C'était à elle que, négligemment, j'avais donné mon numéro de téléphone. C'était elle qui, trois jours plus tôt, m'avait annoncé la mort d'Olga et m'avait réquisitionnée pour assister à la crémation.
Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur moi ? »