Le viol, un crime presque ordinaire

Le viol n'est pas un fait divers qui ne surprend que des
malchanceuses tombées par hasard sur des monstres aux
pulsions sexuelles irrépressibles. En France, une femme sur
six est victime de viol ou de tentative au cours de sa vie. Après
un viol, rien n'est plus comme avant. Mais la vie des victimes
peut reprendre. Pourtant, dans notre pays, on ne les y aide pas.
Le suivi dont elles bénéficient est aléatoire, parfois coûteux,
voire maltraitant.
Le violeur peut être le père, le frère, le collègue, le voisin, le
conjoint. Celui dont on ne se serait pas méfié et que personne
ne soupçonne. Quand ils sont jugés et condamnés, les agresseurs
sont sévèrement punis. Hélas, moins de 10 % des victimes
portent plainte. Le viol est mis sous silence. Notre société a
une fâcheuse tendance à excuser les violeurs et à culpabiliser
les victimes.
Les moyens pour prévenir le viol, soigner les victimes et accompagner
les agresseurs sont dérisoires. On laisse le viol perdurer
alors qu'il détruit des milliers de vies et dégrade les relations
entre les femmes et les hommes.
À partir de témoignages de victimes, d'interviews de juristes,
de policiers, de soignants et d'analyses de criminologues et
de sociologues, cette enquête décrypte ce qui ressemble trop,
malgré les discours, à une tolérance face à un crime qui n'est
pourtant pas une fatalité.