L'institut de remise à l'heure des montres et des pendules

Hayri Irdal, le personnage principal de ce livre, est l'un
des premiers antihéros de la littérature turque. Embauché
par un drôle de bonhomme ayant fondé un institut de
réglage des montres et des pendules, Hayri traverse la fin
de l'Empire ottoman et les premières années de la république
en dénonçant, à sa manière, l'absurdité de la bureau-cratie
qui finit par paralyser le pays, les idées et la pensée.
Mais est-il bien raisonnable, alors que l'époque ne fait pas
encore la part belle à la science, de se fier à ces inventions
censées mesurer l'avancement du temps et celui de
l'instant, telles les métaphores d'une modernité espérée ?
Est-il sérieux d'écouter les propos d'un individu dont la
condition mentale est aussi relative que le bon fonctionnement
d'une horloge...
Dans cette histoire située entre 1830 et 1950, Ahmet
Hamdi Tanpinar évoque le passage de l'ancien au nouveau
avec une ironie souveraine et l'oeil d'un horloger connaissant
les rouages d'une société bouleversée qui tremble
sur ses bases mais ne s'effondre jamais.