Le messager du Nouveau Monde

Le Messager du Nouveau Monde
Par la petite lucarne ménagée dans le mur de branchage, il vit descendre deux cordes noires qu'il mit du temps à identifier comme des tresses, puis un bandeau rouge, assez large, d'épais sourcils noirs, des yeux de braise et, plus haut encore, une bouche généreusement offerte sur des crocs éclatants.
Guérin n 'en crut pas ses yeux. À quelques pieds du sol, un sauvage lui souriait à l'envers. Il n'eut pas le temps d'avoir peur seulement de s 'exclamer : « Par la Sainte Vierge et par tous les Saints du Paradis ! »
Le sauvage se glissa par la fenêtre. Il opéra un rétablissement avec toute la grâce requise. Et, pour achever de rassurer l'homme blanc déchaussé devant lui, un énorme panaris à l'orteil gauche, toujours souriant, il, murmura d'une voix, grave dans un français chantonnant : « Ainsi soit-il... »
Automne 1789. Un mystérieux messager, venu tout droit du Nouveau Monde, se rend au château de Mortesfontaines. Son physique étonnant, sa singulière personnalité, ses étranges pouvoirs de médecine man , précipitent les êtres qui vont l'approcher dans un jeu de la vérité dont personne ne sortira indemne.