Recherches sur la tradition manuscrite du Contra Eusebium de Nicéphore de Constantinople

Le patriarche Nicéphore de Constantinople (758-828) occupe une place
majeure dans l'histoire de l'Église et des lettres à Byzance. Acteur précoce
et décisif du renouveau culturel de l'Empire, il devint un opposant à l'Empereur
Léon V, lorsque la deuxième phase de l'iconoclasme éclata à partir de
814. Exilé, il composa une série de traités en faveur des images, pour combattre
l'hérésie renaissante.
Alexis Chryssostalis a repris intégralement l'étude de l'un de ces textes, le
Contra Eusebium , réfutation et source principale de notre connaissance de la
Lettre à Constantia. Attribué à Eusèbe de Césarée, ce document fut l'un des
testimonia patristiques utilisés lors du Concile iconoclaste de Hiéreia (754).
Grâce à l'étude de la tradition manuscrite du Contra Eusebium , Alexis
Chryssostalis démontre que l' Apologeticus , les trois Antirrhetici , le Contra
Eusebium et l' Adversus Epiphanidem formaient un seul et grand ouvrage.
Il retrace également l'histoire de l'édition de ce texte, depuis le Parisinus
graecus 911, manuscrit copié à Constantinople peu après le rétablissement
définitif des images (843), jusqu'au Scorialensis Psi I 15, copie du XVI<sup>e</sup> siècle,
qu'il faut replacer cette fois dans le contexte des querelles entre protestants
et catholiques en Occident.
En prêtant une attention minutieuse aux manuscrits, Alexis Chryssostalis
illustre de façon concrète ce que pouvait être, au IX<sup>e</sup> siècle, une édition
constantinopolitaine, avec ses notes et ses signes marginaux, la création
aussi de titres intermédiaires destinés à faciliter la lecture du texte.
Une recherche exemplaire qui éclaire les pratiques de la librairie byzantine
au IX<sup>e</sup> siècle et les principales étapes de l'histoire d'un texte fondamental
pour le culte des images.