Exactitude du malheur : théâtre

Dans un lieu indéterminé, une femme, soixante-quinze ans peut-être,
est assise, entourée de photographies et d'autres reliefs de son
passé. Au cours des différentes séquences qui constituent son
monologue s'entrecroisent des souvenirs épars, tantôt précis, tantôt
flous, parfois drôles, toujours marqués du sceau de l'intensité. Elle a
tout connu, la douleur et l'éblouissement. La folie aussi, sans doute.
Elle se croit en prison pour le meurtre, autrefois, de sa petite fille.
Surgit alors un garçon de quinze ans, et un dialogue s'instaure.
Inattendu, inconnu, et cependant pas tout à fait étranger, le garçon aura
pour tâche de la détromper. Non loin du personnage central, un choeur
de trois femmes : choeur de notre temps qui, à l'encontre de son antique
modèle, ne détient aucune connaissance propre à renseigner le
spectateur. Témoin à son corps défendant, oscillant entre distance et
compassion.