Le locus terribilis : topique et expérience de l'horrible

Les travaux critiques, peu nombreux, sur le locus terribilis ont toujours défini
ce topos descriptif comme un simple contrepoint du locus amoenus exploré par
H. R. Curtius. Les lieux hostiles détiennent cependant une place importante
dans les textes narratifs français ou francophones, et leur fonction dépasse
souvent celle de l' inamoenitas décorative. Les études contenues dans ce volume
révisent une double typologie d'espaces : d'un côté, elles analysent les
mutations de certains loci «classiques» (enfer, forêt, désert, lieux d'exil...) ;
de l'autre, elles montrent comment l'activité humaine redéfinit parfois (par sa
seule présence ou par son intervention technique) les lieux de la fiction narrative,
provoquant une nouvelle expérience de l'horrible. La hantise de l'hostile
demeure donc accrochée à l'univers narratif et peut contribuer même à préciser
les limites ou les clichés de certains genres littéraires.