Être russe, écrire à l'étranger

Quel que soit son pays d'adoption, l'écrivain «russe de l'étranger»
constitue un concept unique dans l'histoire de la littérature
«russe». Toutefois, on observe un changement considérable
dans la nature de ce phénomène au cours de ces deux derniers
siècles : si les premières générations s'inspiraient avant tout de la
vie russe et s'adressaient au public de Russie, l'exode forcé des
Russes blancs en Europe après la révolution d'Octobre 1917
fait apparaître un type d'écrivain qui s'adresse cette fois-ci au
cercle plus restreint de la communauté russophone à l'étranger,
sans nourrir l'espoir de voir ses oeuvres publiées en URSS.
Quoi qu'il en soit, la situation particulière de l'écrivain russe
à l'étranger fait surgir de nombreux questionnements dans les
domaines de l'histoire de la littérature, de la traduction, de
la narratologie, et de la philosophie, entre autres. Ces questionnements
étaient au coeur de la Journée d'Etudes intitulée
«Etre russe, écrire à l'étranger», organisée le 27 mai 2011 par
le CRPM (EA 4418) à l'Université Paris Ouest Nanterre La
Défense. Cet ouvrage contient non seulement une sélection des
communications présentées lors de cette journée, mais aussi
des entretiens avec des écrivains russes résidant à l'étranger.
Ces derniers parlent sans ambages des répercussions de leur
écriture tant sur eux-mêmes que sur le public avec lequel ils
interagissent.