Statues-menhirs : des énigmes de pierre venues du fond des âges

Puissante et mystérieuse expression de l'art néolithique, les statues-menhirs
sont parmi les plus anciennes représentations humaines de grande taille.
Dressées il y a plus de 5 000 ans, elles continuent à susciter de nombreuses
questions : représentent-elles des divinités, des héros, des personnages du
commun ou des chefs de clan ? Qui les a érigées et dans quels buts ? On en
a trouvé par groupes entiers sur le pourtour nord du bassin méditerranéen,
dont sans doute l'un des plus importants ensembles dans le Rouergue.
Quatorze auteurs réunis par Annie Philippon, conservateur du musée
Fenaille, apportent des réponses scientifiques à ces questions et avancent
des hypothèses pour expliquer les caractéristiques les plus déconcertantes des
statues-menhirs : tatouages, changements de sexes, présence d'un objet
inconnu... Il est probable que les significations de ces statues de pierre soient
aussi multiples que les lieux et les cultures qui les ont vu naître.
L'esthétique des statues-menhirs est intacte : formes d'une beauté singulière,
leurs rythmes jouent avec la lumière. Ces mégalithes, stylisés, nous touchent
par leurs traits, leurs membres, leurs visages. Pour Pierre Soulages, les statues-menhirs,
c'est «la densité, la frontalité, l'impression d'une puissance permanente.
On sait qu'elles sont préhistoriques, mais leur présence, leur force,
surgies du passé, les font aussi y échapper et nous en oublions leur origine.
Elles sont là, devant nous, énigmatiques et fascinantes».